
BOUBACAR TRAORE
Kongo Magni - 2005 Marabi production
Boubacar Traore est une figure emblématique de la génération Mali twist des années 60, cette génération d’après l’indépendance qui rêvait d’un Mali nouveau dans un socialisme naissant. Surnommé dans sa jeunesse le Chuck Berry ou l’Elvis Presley malien, Boubacar Traore, surnommé Kar Kar, sort un nouvel album intitulé Kongo Magni. Ce nouvel album met en musique les thèmes de l’amour, la mort, la guerre ou de la liberté. L’orchestration reste très sobre. Pas de guitare électrique, pas de batterie mais une guitare et une voix qui s’accompagnent au fil des morceaux de percussions (Emile Biayenda), d’une calebasse (Pedro Kouyaté), d’un accordéon (Regis Gizavo), d’un balafon (Kélétigui Diabaté), d’un kamele ngoti (Yoro Diallo) et/ou d’un harmonica (Vincent Bucher). L’album sonne merveilleusement, Boubacar Traore joue avec les couleurs de l’Afrique et préserve tout au long de l’album un côté précieux, intimiste. Du point de vue musical, on rentre dès le premier morceau dans les rythmes et phrasés africains. On sent très nettement à l’écoute de l’album, l’influence qu’à pu avoir la musique africaine sur le Blues et ses dérivés (couplets-refrains, accompagnement, etc …). La voix de Boubacar reste très ancrée, sans frioritures sans jamais pousser, parfois mélodieuse, parfois narrative. J’ai souvent eu l’impression, à l’écoute du disque, de me faire conter une/des histoires. Concernant les parties d’harmonica, le premier titre Djonkana met en avant le terrible groove et phrasé de Vincent Bucher. Très vite, j’ai eu envie de découvrir les autres titres où figurent les parties d’harmo. Vincent figure sur 4 des 9 titres mais on est déçu qu’il ne prenne pas plus de place sur le reste des morceaux. Même l’instrumental Kar Kar / Vincent reste assez sobre. Grosse déception donc. Tout est bien joué, tout est dans l’esprit mais vous l’aurez compris, l’album de Boubacar Traore n’est pas un album d’harmonica. Kongo Magni reste cependant un album que je conseillerai car il reste, le temps de son écoute, un véritable voyage sur les terres maliennes. A noter un splendide chorus d’accordéon de Régis Gizavo.
Interview et vidéo de Boubacar Traore :
http://www.afrik.com/article8485.html
http://www.mondomix.com/fr/videos.php?artist_id=25&reportage_id=2566